Julien Langlais

Diplômé à 22 ans, Julien Langlais faisait partie de la Promotion Arthur De Pins (2015-2018).
Il revient sur ses trois années d’étude de la Bande Dessinée au sein de l’Académie Brassart Delcourt.

Avant d’entrer à l’Académie, j’avais pas mal d’appréhensions : mes choix concernant mon orientation n’avaient pas porté leurs fruits et je sortais de ma première année post-bac avec un goût amer. J’ai toujours aimé raconter et dessiner, mais je me posais beaucoup trop de questions sur mon avenir…

M’engager dans une formation spécialisée, c’était un gros pari : ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu m’imaginer.
Sans compter l’investissement hors-norme de nos formateurs, on nous a donné l’opportunité de dialoguer avec de nombreux professionnels, des auteurs, des éditeurs… Mais aussi des intervenants extérieurs, par exemple issus du secteur de l’animation. C’est un excellent moyen de pouvoir nouer de nouveaux contacts qui pourront nous aider plus tard et poser les bases de futures collaborations…

Certaines particularités de la pédagogie m’ont particulièrement intrigué, notamment la présence d’un atelier durant lequel nous pratiquions des activités comme le théâtre, la danse, mais aussi le yoga. De prime abord, je m’interrogeais sur le rapport avec la bande dessinée. Mais outre le travail sur la compréhension du corps, de sa gestuelle, de ses limites, ainsi que ces moments d’euphorie que cela nous a permis d’avoir, ce cours a surtout eu pour effet de nous rapprocher et de nous comprendre. Ce qui est un très bon point si on pense au fait que nous évoluons au moins 3 ans ensemble.

Pour résumer, je ferais un parallèle avec le thème du recueil que nous avons réalisé en deuxième année, « Tous au parc ! » : mon cursus a été un véritable parc d’attraction !
Durant ces 3 années, on nous a incité à tester toutes les attractions. Certaines m’attiraient, d’autres me faisaient peur, certaines me paraissaient simple pour s’avérer extrêmement compliquées quand d’autres semblaient difficiles pour au final être très accessibles…
Ce cursus a été éprouvant, pas seulement à cause du travail à fournir : on passe aussi du temps à se remettre en question, à douter de nos choix ou de la qualité notre travail… Et c’est une très bonne chose, car c’est ainsi qu’on évolue !

Un autre point est l’aspect administratif du métier : tout ce qui touche de près ou de loin à la paperasse me rebute ! Ça n’a pas vraiment changé au bout de trois ans, mais je peux aborder cela avec plus de sérénité grâce interventions concernant la lecture et l’analyse des contrats, les droits d’auteur mais aussi la sécurité sociale des artistes/auteurs qui nous sont donnés en fin de formation. C’est un gain non négligeable de pouvoir comprendre le milieu dans lequel on se lance.

Je viens de signer mon premier contrat aux éditions Soleil pour un album qui sortira en 2020, dont j’assume le scénario, le dessin et les couleurs.
Mais mes projets ne s’arrêtent pas là, j’aimerais tout essayer et éviter de m’enfermer dans un genre en particulier. J’envisage des collaborations, notamment avec mes anciens camarades de promotion dans différents domaines.